FRANCE,_VIENNE,_ANTIGNY,_EGLISE_NOTRE-DAME



Antigny

ANTIGNY - Vienne (86)

Antigny possède plusieurs monuments intéressants.
Une Lanterne des Morts construite au XIIème siècle. Elle servait à entretenir une flamme auprés des morts, on ne les trouve que dans l'Ouest et le Centre de la France.
L'église Notre-Dame est Romane avec un choeur remanié en style Gothique. Elle est entourée de dalles funéraires, et l'auvent du mur sud abrite plusieurs sarcophages Mérovingiens. La chapelle Sud ou chapelle Sainte Catherine est décorée de peintures murales des XIV et XVème siècles.
Sur le site d'Antigny existait un village Gallo-Romain, le Gué de Sciaux, aujourd'hui disparu mais dont des restes subsistent dans le Musée local.

L' église Notre-Dame d'Antigny

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1 : présentation

L'environnement antique...

La voie romaine reliant Poitiers à Bourges franchissait la Gartempe au Gué de Sciaux, à quelque distance au nord de l'actuel village d'Antigny. Un vaste vicus - agglomération gallo-romaine - s'y étendait sur les deux rives.
Une église primitive s'élevait à Antigny au milieu d'une vaste nécropole existant depuis l'époque mérovingienne. Une belle lanterné des morts, quoique plus récente (13e siècle), en perpétue le souvenir. De nombreux sarcophages ornés y ont été mis au jour au 19' siècle par le Père de la Croix, savant archéologue, et certains sont conservés au baptistère Saint-Jean, à Poitiers.
L'église est rebâtie à l'époque romane. Dédiée à Notre-Dame, elle apparaît pour la première fois comme dépendance de la proche abbaye de Saint-Savin dans un acte du pape Lucius III daté de 1184.
En 1695, un procès-verbal de visite présente l'église comme pauvre : démunie de ciboire décent, elle ne possède qu'un ostensoir en bois doré et les livres liturgiques sont inutilisables.
Eglise Notre-Dame - plan.jpg
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L'apport des siècles...

L'édifice, classé en 1862 et 1913, a conservé sa façade romane dans laquelle s'ouvre une porte à trois voussures surmontée d'une petite baie. A droite de cette porte, la "pierre des morts", sur laquelle on déposait le cercueil des défunts repose sur d'élégantes colonnettes gothiques remployées. A gauche, un bloc présente une cupule (bénitier?) et une cavité carrée ; il peut s'agir du socle d'une croix monumentale disparue.
Si l'on fait le tour de l'église, on remarque successivement :
- un "ballet" - le terme désigne localement un porche doté de banquettes, construit au 18esiècle sur les sarcophages et dans le prolongement de deux chapelles. - un chevet plat remanié au 15e siècle dans lequel des fragments de sarcophages ont été remployés - le mur nord percé de baies étroites dont les linteaux monolithiques sont gravés de faux claveaux (11e s.). Au-dessus de la toiture en tuiles plates - type de couverture répandu dans cette vallée - émerge un clocher carré de pierre sommé d'une pyramide octogonale ornée de fleurons (13e s.).

L'intérieur

Du parvis aménagé en 1994, on pénètre dans la nef en descendant trois marches. L'espace ne reçoit plus le jour des baies du mur sud, obturées par le "ballet". La voûte en bois de chêne a été restaurée en 1971.
Les peintures en cours de dégagement depuis 1991 sur le mur nord paraissent dater du 14e siècle et peuvent être lues comme une illustration du Credo. II est probable que l'église était autrefois entièrement peinte et que ces premières peintures ont inspiré les décorateurs de la chapelle funéraire Sainte-Catherine.
Un massif arc triomphal. dont les contreforts sont destinés à contrebuter la masse du clocher, est accosté de deux arcades plus étroites. La séparation de la nef et du choeur est ainsi fortement marquée. Sur la pile de gauche, un support en fer forgé pourrait bien avoir été une potence à laquelle on suspendait la réserve eucharistique avant que l'usage du tabernacle ne soit généralisé.
Le choeur à deux travées (15e siècle) est voûté sur croisées d'ogives. Ces ogives retombent sur des culots dont la sculpture associe feuillages et masques humains. Le sanctuaire a conservé sa barrière de communion.
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Dans la lumière...

L'église est normalement tournée vers l'est. Son mur oriental est percé d'une grande baie à remplage dont le lumineux vitrail a été offert par la famille de Moussac en 1927. Il est l'oeuvre du maître-verrier F. Chigot, de Limoges. Tout en haut, la Vierge à l'Enfant, patronne de l'église, est accompagnée par deux anges tenant.des phylactères. En-dessous, dans quatre lancettes, sont représentés de gauche à droite, Savin, Hilaire, Radegonde et Cyprien. Les deux grands saints du diocèse de Poitiers sont donc encadrés par deux saints locaux dont la légende est liée à l'origine de l'abbaye de Saint-Savin.
"Brillant auteur du jour, dont la lumière, après les ténèbres de la nuit, se répand sur le monde, tu es le véritable astre du matin (...) Plus éclatant que le soleil, toi, le plein jour et la lumière souveraine, tu éclaires l'intime de mon âme. Viens donc, créateur du monde, rayon de la gloire du Père saint Hilaire de Poitiers"

Le mobilier

A droite de l'entrée du choeur (1), une Vierge à l'Enfant du 14e siècle. en pierre polychromée, est la plus belle de toutes les statues. Encore aujourd'hui, à chaque fête de l'Assomption - le 15 août -, elle est revêtue d'un habit d'apparat tel qu'on le voit sur le vitrail.
Les autres statues sont des plâtres polychromés modernes. témoins des dév otions et de la générosité dune époque On reconnaît : Jeanne d'Arc (2), Radegonde (3), Joseph à l'Enfant (4), Barbe (5), Cyprien (6), le Coeur sacré de Jésus (7), Notre-Dame de Lourdes (8), Roch (9) et Thérèse de l'Enfant-Jésus (10).
Un Christ (C) en bois polychromé (17/18e siècle). au-dessus de l'entrée de la sacristie - une ancienne chapelle -. faisait autrefois face à la chaire à prêcher selon une disposition très répandue.
Les stations du chemin (le Croix sont des lithographies produites en grand nombre par la maison Turgis entre 1929 ut 1853.

La chapelle funéraire

Une partie (X) de la chapelle funéraire édifiée contre le flanc sud du choeur servait autrefois de sacristie. Elle a été entièrement dégagée cri 1985.
Son décor commande de Jean de Moussy (1433-1510), seigneur de Boismorand et de la Contour, dont l'écu figure au-dessus de l'arcade d'entrée semble avoir été réalisé avant 1490. La parenté avec les chapelles de Boismorand et de Jouhet est évidente.
Avec une palette très simple, l'artiste a représenté le cycle de l'Enfance du Christ, de la Passion et du Jugement dernier, ainsi que des images de saints. Le Dict des trois morts et des trois vifs vient compléter cet ensemble décoratif.

2 : les peintures du mur nord

Eglise Notre-Dame - mur nord.jpg
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Au début du XIVe siècle, ...

...le mur nord de la nef a été couvert de peintures murales qui sont, depuis 1991, en cours de dégagement. Quand ces peintures sont réalisées, la plupart des fidèles ne comprennent plus le latin et ne suivent le déroulement de la messe que par les gestes et les déplacements du célébrant. Ce décor peu coûteux permet de donner dans la nef une catéchèse visuelle.
"L'image est un genre d'écriture plus grossière, et néanmoins plus claire, pour les gens simples et frustes, afin que même les illettrés apprennent par la simple vue ce qu'ils sont privés de connaître par la lecture, et ainsi reçoivent une connaissance plus abrégée et plus claire des choses. Car ce que souvent l'esprit n'a pas saisi en entendant les paroles, la vue, en le percevant d'une manière stable, l'a interprété plus clairement."
Nicéphore, patriarche de Constantinople, début 9ème siècle

Le credo...

Les peintures peuvent être lues connue une illustration partielle du "Je crois en Dieu".

A - "II est mort et a été enseveli"

La première scène est consacrée à la mise au tombeau. Le corps du Christ, descendu de la croix, est oint d'aromates - les trois pots sous la scène - et déposé au tombeau*. A la suite, le tombeau vide, le linceul plié, les soldats endormis, l'ange et les trois saintes femmes montrent que la mise au tombeau débouche sur la victoire du Christ sur la mort.
Cette scène est aussi la plus proche du très vaste cimetière qui couvrait la place devant l'église, au centre de laquelle est une lanterne des morts du 13e siècle et Monument historique depuis 1884.

B - "Il est descendu aux enfers"

Après sa mort, selon la tradition, le Christ est descendu aux enfers pour sauver les défunts d'avant son incarnation rédemptrice. Cette scène le montre tenant par la main deux personnages nus - Adam et Eve - sortant de la gueule d'un monstre aux larges mâchoires roses.
Les enfers - le sheol de l'Ancien Testament - est le séjour des défunts. Ne pas confondre avec l'enfer - au singulier -, ou Géhenne, qui est le séjour éternel des damnés.

C - "Le troisième jour est ressuscité des morts"

Selon Jean (20, 14-18), Marie Madeleine est, dans le jardin, le premier témoin auquel se montre le Christ ressuscité vers qui elle se retourne. Dans les autres évangiles, l'apparition a lieu devant plusieurs femmes.

D - "II est monté aux cieux"

Les apôtres - certains sont figurés dans l'ébrasement de la fenêtre lèvent les yeux vers le Christ qui disparaît dans la nuée et dont on ne voit plus que le bas du vêtement. Avant d'être emporté dans la gloire, il leur a confié la mission de porter l'Evangile vers toutes les nations.
Vous allez recevoir une puissance, celle du Saint-Esprit qui viendra sur vous ; vous serez alors mes témoins (...) jusqu'aux extrémités de la terre.
Actes des Apôtres, 1, 8

E - "Je crois au Saint-Esprit"

A la Pentecôte, cet Esprit Saint, figuré par une colombe haut placée dans la frise décorative, vient sur les apôtres : il est matérialisé en traits rouges - les "langues de feu" mentionnées dans les Actes des Apôtres - qui touchent les personnages aux gestuelles variées.

F - "... à la communion des saints"

Les saints, qui ont conformé leur vie au message de l'Evangile, sont, pour les fidèles, des modèles et des protecteurs.
1 : Monté sur un cheval blanc. saint Georges combat un dragon. La légende a fait de lui un officier romain qui délivra une ville terrorisée par un monstre qui dévorait humains et animaux. Il aurait été martyrisé en Palestine au 2e siècle. Au cours de la troisième croisade, Richard Coeur-de-Lion met son année sous sa protection. Il devint ainsi le saint national en Angleterre. 2 : Saint Martin, de son épée, partage son manteau pour en donner la moitié à un pauvre qui est le Christ lui-même (Matthieu 25, 43). Avant de devenir évêque de Tours, Martin a fondé à Ligugé, près de Poitiers, l'un des premiers monastères des Gaules au 4e siècle. 3 : Le saint couronné est sans doute saint Louis, roi de France, mort en 1270 et canonisé en 1297. 4 : Saint Christophe est un martyr d'Asie mineure dont la légende s'est emparée. Dès le 13' siècle, il est admis que voir son image protège de la mort subite. Lorsque quelqu'un voit sur son chemin la figure de Christophe, alors il peut aller en sécurité, il ne mourra pas de mort subite. (inscription en Italie, 1263). Au 14e siècle, il est devenu un géant haut de 4 mètres faisant passer une rivière à un bambin. Découvrant que celui-ci est l'Enfant Jésus, Christophe (en grec "qui porte le Christ") est près de succomber sous un poids soudain énorme : comment pourrait-il porter celui qui s'est chargé de tous les péchés des hommes.

G - personnages non identifiés

Une échelle se voit à côté de celui de gauche ; celui de droite semble être un roi assis.

H - restes du décor roman

Deux étapes ont été mises en évidence. Le personnage à l'ébrasement de la baie serait sainte Radegonde (?).

Technique...

Par endroits, pas moins de 6 couches différentes couvrent le support mural. Le décor du 14e siècle, le plus étendu, ornait toute la nef comme des sondages semblent le montrer. Les autres interventions de diverses époques (décor roman, litre funéraire, badigeons successifs...) concernent des surfaces plus réduites, n'ont laissé que peu de traces ou ne présentent aucun intérêt artistique.
La couche d'enduit qui reçoit ce décor est un support terreux contenant des fibres végétales. Posé à petites touches de truelle irrégulières, il n'a jamais été lissé.
La couche picturale présente une palette simple composée de blanc et d'ocres rouges et jaunes. Un tracé préparatoire à l'ocre rouge est suivi de l'application des couleurs. Les gerbes florales rythment les scènes et s'adaptent aux figures. Des rehauts achèvent l'exécution.

3 : les peintures murales de la chapelle Sainte-Catherine

"Il voit et il sait combien leur fin est misérable, c'est pourquoi il multiplie son pardon."
Siracide 18, 12

Les seigneurs de Boismorand

Par son testament du 14 novembre 1421. Renaud de Montléon. écuyer. seigneur de Boismorand. décidait la construction dune chapelle "au lieu et place où sont les sépultures des Boismorand et par dessus lesdites sépultures". à la droite du choeur.
Dédiée à sainte Catherine, la chapelle, voûtée d'un simple berceau brisé sans bandeau, a été décorée de peintures murales au temps de Jean de Moussy, seigneur de Boismorand et de la Contour (vers 1430-1510). Le même a fait décorer de semblables peintures L'oratoire de son château de Boismorand et la chapelle funéraire de Jouhet. L'absence de son fils Gamaliel parmi les membres de la famille représentée à Boismorand incite à dater ces ensembles peints d'avant 1490.
La partie orientale de la chapelle, dans le sol de laquelle est encastrée une table d'autel, a longtemps servi de sacristie. La chapelle a retrouvé son volume primitif en 1985 par la suppression du mur qui la partageait en deux. Les peintures, à la technique assez fruste (faible nombre de couleurs, facture peu élaborée...), s'apparentent ici par bien des aspects à l'art populaire.

Le mur est : Christ en majesté

Le mur oriental est percé d'une large baie. Au-dessus est représenté le Christ en majesté dans une mandorle, forme ovale réservée au Christ ou à la Vierge à l'Enfant. Il est entouré des quatre évangélistes, figurés par leurs symboles : l'homme (Matthieu), l'aigle (Jean). le lion (Marc) et le taureau (Luc).
Au-dessus de l'emplacement où se trouvait l'autel on distingue encore le Christ en croix entre la Vierge et Jean ; l'un des deux autres personnages est un évêque.

Le mur sud : de l'Annonciation au début de la Passion

Eglise Notre-Dame - Chapelle Ste Catherine - mur sud.jpg
Eglise Notre-Dame - Chapelle Ste Catherine - mur sud.jpg
Le personnage qui tend un arc est sans doute saint Sébastien, qui mourut criblé de flèches et était jadis invoqué contre la peste.
Au registre supérieur, s'alignent les scènes du cycle de l'Enfance du Christ.
L'Annonciation : l'ange Gabriel. à droite, annonce à la Vierge, agenouillée, qu'elle enfantera un fils auquel elle donnera le nom de Jésus (Luc 1. 26-38). La Nativité : Marie et Joseph sont à genoux devant l'Enfant (Luc 2, 1-7). L'âne et le boeuf, qui réchauffent le nouveau-né, ne sont pas mentionnés dans les évangiles mais la tradition populaire avait depuis longtemps interprété un verset du prophète Isaïe pour les faire figurer près de la crèche. L'Ange annonce la naissance aux bergers, dont l'un tient une musette, un autre un haubois (Luc 2, 8-20) : "Jouez hautbois, résonnez musettes" (Noël populaire). Les Mages présentent leur offrande à l'Enfant que Marie tient sur ses genoux : l'un est blanc, il montre l'étoile, l'autre est noir, il porte une couronne. le dernier, qui pourrait être jaune, s'agenouille (Matthieu 2, 1-12). Dans la dernière scène, le roi Hérode donne l'ordre de massacrer les jeunes enfants - les Innocents - de Bethléem (Matthieu 2, 16-18). L'anachronisme que constitue la fleur de lys de son sceptre n'est pas plus donnant que celui des costumes, tous du 15e siècle. Au registre inférieur commence la Passion du Christ avec la dernière Cène. L'agneau pascal est au milieu de la table. Le nimbe qui entoure la tête d'un personnage est un signe de sainteté : Judas, le traître, est le seul des apôtres à en être dépourvu. C'est ce même Judas qui met la main au plat, autre signe de son forfait.
Le soir venu, il était à table avec les Douze. Pendant qu'ils mangeaient, il dit : "En vérité je vous le déclare, l'un de vous va me livrer". Profondément attristés, ils se mirent chacun à lui dire : "Serait-ce moi, Seigneur?" En réponse, il dit : Il a plongé la main avec moi dans le plat, celui qui va me livrer" (Matthieu 26, 20-23).
L'arrestation de Jésus. Judas embrasse Jésus pour faire reconnaître des soldats celui qu'il a trahi. Pierre remet au fourreau l'épée avec laquelle il a tranché l'oreille d'un des arrivants tandis que Jésus guérit ce petit serviteur du grand prêtre. Au-dessous : la Mise au tombeau.
Et l'un d'eux frappa le serviteur du grand prêtre et lui emporta l'oreille droite. Mais Jésus prit la parole : "Laissez faire, même ceci" dit-il, et lui touchant l'oreille, il le guérit (Luc 22, 50-51).
Le Christ est outragé. Souffleté, frappé avec des bâtons, Jésus est attaché et on lui a bandé les yeux. Il comparaît ensuite devant Pilate qui, représenté sur le mur ouest, se lave les mains.
Alors ils lui crachèrent au visage et lui donnèrent des coups; d'autres le gifflèrent. "Pour nous, dirent-ils, fais le prophète, Messie : qui est-ce qui t'a frappé?" (Matthieu 26, 67-68)
Pilate prit de l'eau et se lava les mains en présence de la foule en disant : "Je suis innocent de ce sang. C'est votre affaire!" (Matthieu 27, 24).

Le mur nord : de la Passion au Jugement dernier

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Jésus est couronné d'épines
...et ils lui mettent sur la tête une couronne d'épines qu'ils ont tressée. (...)Ils lui frappaient la tête avec un roseau. (Marc 15, 17-19).
Jésus porte sa croix avec l'aide de Simon de Cyrène. Les deux petits personnages nus sont les larrons. A gauche est le groupe de Marie et des saintes femmes.
Le Christ ressuscité, montrant ses blessures, préside au Jugement dernier. A sa droite, Marie intercède pour les pécheurs en montrant à son divin fils les seins qui l'ont nourri. Saint Michel pèse les âmes. Les élus seront accueillis par saint Pierre, reconnaissable à ses clés, les damnés sont plongés dans les flammes de l'enfer où l'on distingue même un chaudron.
Jésus en croix, dans la couronne d'épines, a les bras horizontaux et le visage paisible, selon la tradition ancienne ; il n'est pas douloureux et tourmenté comme dans bien des oeuvres de la fin du Moyen Âge.

Le dit des trois morts et des trois vifs

Trois élégants jeunes seigneurs à cheval vont à la chasse avec leurs chiens et leur faucon. Ils sont arrêtés, à une croix de cimetière, par trois morts aux squelettes grouillants de vers, qui leur rappellent combien la vie est brève et les invitent à se préoccuper de leur salut. Ce "dict", qui apparaît dans la littérature au 13e siècle, se rencontre en France dans une trentaine de peintures murales à partir de 1420. Il est parfois, comme à Antigny, associé au Jugement dernier et aux supplices de l'enfer.
Le mort te crie, de son sépulcre: "Ce que tu es, je le fus, ce que je suis, tu le seras" (saint Césaire d'Arles, Sermon au peuple)

Le mur ouest : scènes endommagées

Comme le décor du mur nord de la nef (14e siècle) a sans doute inspiré le programme iconographique de la chapelle Sainte-Catherine, l'une des dernières scènes, fortement endommagées, pourrait être une Descente aux enfers ou unie Résurrection.
La partie inférieure de tous les murs a reçu un décor peint d'étoffes, et les armes des Moussy - d'or au chef de gueules chargé d'un lion passant d'argent - se rencontrent à plusieurs endroits de la chapelle.


C PARVIS - 1998
10, rue de la Trinité 86034 POITIERS CEDEX





Antigny - Eglise Notre-Dame (1)
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Antigny - Eglise Notre-Dame (2)
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Antigny - Eglise Notre-Dame - Chapelle Ste Catherine - mur nord (schema du dessin)
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Antigny - Eglise Notre-Dame - Chapelle Ste Catherine - mur sud (schema du dessin)
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Antigny - Eglise Notre-Dame - mur nord (dessin)
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Antigny - Eglise Notre-Dame - plan
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Antigny - Lanterne des morts
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Antigny, Eglise Notre-Dame
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Antigny, Lanterne des morts
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